Colombie, Liban, Baléares, Grèce, Caraïbes, Algérie :
6 restaurants pour voyager à Paris
1. Le Liban : Em Sherif Cafe, Paris VIII
Véritable institution à Beiruth et bien au-delà (des adresses ont ouvert à Londres, Monaco et Doha) le plus branché des restaurants libanais ouvre ses portes à Paris, à deux pas du Parc Monceau. À l’origine, Mirelle Hayek, autodidacte passée maitre en l’art de recevoir, qui imagine ses restaurants comme une extension de sa propre maison. Une table généreuse, toujours prête à accueillir un convive de plus. Son nom, qui signifie « la maman de Sherif », dit tout de cette philosophie du partage et de la transmission. Et comme ce restaurant est définitivement une affaire de famille, c’est sa fille Yasmina – cheffe exécutive formée à l’Institut Paul Baucuse et chez des chefs comme Mathieu Pacaud, Jean-François Piège et Rasmus Kofoed – aux commandes des cuisines. Dans un décor élégant mêlant influences orientales et esprit parisien, les mezzés se partagent, les plats se succèdent, le temps s’étire. Nos préférés (dont on salive encore aujourd’hui) ? Les Arayes (les tartines de kebab, fromage et pickles qui vous feront oublier les meilleurs des sandwichs toastés), le mutabbal (aubergine à la flamme), le houmous signature et le man’ousheh aux fromages libanais. Une cuisine précise et sans artifice, portée par une carte qui évolue au fil des saisons, entre ingrédients locaux et trésors importés du Liban, toujours travaillés maison. C’est un grand oui, midi ou soir, pour un dîner en amoureux, un déjeuner professionnel, des retrouvailles entre amis..
@emsherifcafe.paris
134 Boulevard Haussmann, 75008 Paris
2. La Colombie : Finka, Paris III
À côté des Arts et Métier, installé dans les murs de l’ancien Datsha, Finka offre une parenthèse ensoleillée où souffle un air de Colombie. Aux commandes, Alexandre Rapoud et Esteban Salazar, chef colombien au sourire communicatif, révélé dans Top Chef, ont imaginé une cuisine qui fait voyager entre tradition et créativité.
Sur deux étages, le décor joue avec les volumes, les matières et la lumière pour créer une atmosphère chaleureuse et contemporaine. En cuisine, Esteban raconte ses racines : banane plantain verte et crevette barbecue, galette de manioc et langue de bœuf effilochée, avocat et coriandre… Des plats remplis de saveurs atypiques, éclatantes à chaque bouchées. Côté vins, Gabriel Bétoule a composé une carte exclusivement française qui accompagne avec finesse ces parfums d’Amérique latine. Une rencontre des continents sur une même table.
@finkarestaurante
57, Rue des Gravilliers, 75003
3. Les Baléares : Casa Pregonda, Paris II
Dans le IIᵉ arrondissement, Casa Pregonda invite à ralentir. Pensée par six associés dont Nicolas Hoyet, fondateur de l’agence I’M PR, Valentine Dubois, cofondatrice de l’agence T109, et le restaurateur entrepreneur Alexandre Giesbert, derrière Daroco et Danico, l’adresse revendique une cuisine espagnole simple et sincère, inspirée de l’île de Minorque. Son nom fait écho à Cala Pregonda, l’une des plus jolies plages des Baléares, connue pour ses teintes ocres et son accessibilité restreinte, uniquement par la mer ou à pied.
À l’intérieur, le décor imaginé par l’architecte Johanna Amatoury joue sur les contrastes : hauteurs sous plafond XXL, murs en pierre, poutres apparentes, comptoir carrelé et lumière douce, pour une atmosphère généreuse, enveloppante et propice au partage, à l’image de la carte à 100 %.
À table, Casa Pregonda mise sur des tapas ibériques, pan con tomate, pimientos de Padrón, cecina de León, croquettes de jambon, à picorer sans façon, avant de passer à des plats plus généreux et déjà iconiques. On parle bien sûr du riz à l’encre de seiche servi avec de belles crevettes carabinero et de l’aïoli, la paella minorquine pour deux, mais aussi de la pluma ibérica accompagnée d’une garniture typique de l’île des Baléares, pommes de terre et pimientos de Padrón, ou en guise de dessert une tarte de queso chocolat-café, sans oublier, côté boisson, la sangria maison ou le Sauvignon aux jalapeños (pourquoi n’y avait on pas pensé ?!)
Une adresse de copains, solaire et conviviale dont on ressort aussi rechargé qu’après un week-end prolongé.
@casapregonda
6 rue Marie Stuart 75002 Paris
4. Les Caraïbes : Leriche, Paris XVII
Ancien sportif de haut niveau, Jean-Rony Leriche se tourne rapidement vers la cuisine et choisit l’assiette comme terrain d’expression. Si l’aventure n’est pas une première – il ouvre un restaurant à Toulouse en 2014, aujourd’hui fermé – Leriche est sans doute son projet le plus intime et abouti.
Imaginée avec sa femme Christine (directrice de salle), l’adresse porte le nom de leur histoire commune et rend hommage à leurs racines caribéennes : les origines haïtiennes du chef et ses années vécues en Guadeloupe jusqu’à ses 18 ans, et l’héritage martiniquais de sa compagne. Une identité plurielle et solaire, et surtout un hommage aux traditions caribéennes avec un accent gastronomique sans pareil. Bébélé (tripes, dombrés et bananes vertes), soupe Joumou (giraumon, courge, patate douce, lait de coco et piment), accras, purée de légumes péyi et poulet boucané (cuisson sur place grâce au four à boucaner, pièce maîtresse en cuisine). Plus ou moins initié ? Cela tombe bien, le chef raconte aussi bien qu’il cuisine, et partage avec une joie non dissimulée sa culture des terroirs caribéens.
Ce que l’on a apprécié, c’est cette sincérité sans concession : une cuisine de mémoire, généreuse et pleine d’idées, tout en affirmant ses accents gastronomiques. On aime aussi l’expérience globale, prolongée par des accords mets et rhums – Jean-Rony est issu d’une famille de producteurs – puisée dans une sélection large et pointue, ou par des infusions maison à base de plantes médicinales et aromatiques qu’il cultive lui-même en région parisienne.
Un projet vivant et engagé, que le chef prolonge également en Guadeloupe auprès des élèves d’un lycée agricole, dans une démarche de sensibilisation et de transmission autour des plantes, des savoirs et des terroirs caribéens.
@lericherestaurant
16 rue Brey, 75017 Paris
5. L’Algérie : Hanaa, Paris XI
Dans le 11ᵉ arrondissement s’ouvre HANAA, restaurant bistronomique algérien. Arches dorées, matières brutes et chaudes inspirées des paysages méditerranéens, et musique raÏ : l’architecture intérieure de Yassine Menacere et la direction artistique de Dorianne Menacere créent un refuge élégant tout en arrondi. Ici, le chef Mahdi Abid signe une cuisine de transmission généreuse, fruit d’un voyage en Algérie à la rencontre de producteurs et artisans. Les tajines traditionnelles en terre cuite, sont exposés comme des œuvres au côté un mur abritant l’épicerie local. Côté assiette, les bourek craquent, la rechta ou le couscous au poulet fermier traditionnel fument, et la mousse au chocolat à l’huile d’olive et fleur de sel nous enveloppe d’un dernier câlin oriental. Mention spéciale pour l’accueil chaleureux et ensoleillé de l’équipe, qui incarne cette générosité algérienne tout particulière.
Hanaa
123 Rue du Chemin Vert, 75011 Paris
6. La Grèce : Etsi, Paris V
Jamais deux sans trois. Après ses restaurants du 18e arrondissement parisien, Etsi le Bistro et Etsi l’Ouzeri, c’est à quelques pas du jardin du Luxembourg que la cheffe Mikaela a posé ses fourneaux et son talent pour ouvrir un traiteur, une troisième adresse créée avec son bras droit Diego Demange et dans laquelle officie Theodora Giannouli, l’ancienne cheffe du Bistro. Si le format diffère des autres tables de Mikaela, l’histoire est similaire : partager une cuisine hellénique, sincère, généreuse et dénuée de stéréotypes, le tout en entremêlant des produits soigneusement sélectionnés, issus du terroir grec ou en provenance de producteurs français. Pousser les portes du traiteur Etsi, c’est saliver devant les plats qui s’exposent en vitrine (poivrons farcis, mijoté de saucisses aux herbes, etc.), foncer vers le comptoir pour faire le plein de mezzés ultra-frais où le tzatziki est au vrai yaourt grec et l’houmous relevé de cumin et de persil, ou fondre pour des filets de sardines marinés et la fava, une purée de pois cassés jaunes, servie accompagnée des câpres de Sérifos.
@etsi_paris
241 Rue Saint-jacques, 75005