Bonne adresse : Qu’importe l’ivresse, la cave sans alcool à Paris

Alors que le Dry January s’impose chaque année davantage dans les habitudes des Français, les alternatives sans alcool trouvent enfin leur écrin. Dans le 17ᵉ arrondissement de Paris, une drôle de cave vient d’ouvrir : Qu’importe l’ivresse, une cave 100% sans-alcool.  

Par Auxane Ringeard - photo : French Bloom

Janvier, ce mois où fusent les bonnes résolutions et notamment celle de prendre plus soin de sa santé, en faisant plus de sport, en prenant du temps pour soi ou en réduisant sa consommation d’alcool ; un phénomène qui prend de l’ampleur ! L’année dernière, 4.5 millions de Français ont relevé le défi du Dry January, un mois sans alcool aucun. Cette tendance de fond alimente un marché en pleine croissance : celui du sans-alcool de qualité. C’est dans ce contexte que Sophie Bernard et son mari ont ouvert « Qu’importe l’ivresse », d’abord à Quiberon en Bretagne en 2024, puis rue de Lévis à Paris en novembre 2025.

Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer le concept de votre cave ?
Je suis Sophie Bernard, cogérante avec mon mari de la cave sans-alcool « Qu’importe l’ivresse ». L’envie de lancer ce projet est venue avec la volonté de modérer notre propre consommation d’alcool. Dans notre cave se trouve des produits qui vous accompagnent de l’apéritif jusqu’au digestif : des bulles festives qui offrent une expérience très proche du champagne, des vins désalcoolisés, des spiritueux sans alcool, des boissons de gastronomie et évidemment des bières sans alcool, ainsi que toutes les alternatives aux softs : kombucha, limonade aromatisée avec des produits naturels toujours peu sucrés.

Quand est-ce que les boissons sans alcool (alternatives au vin etc) de qualité sont vraiment apparues ?
Le sans alcool existe depuis longtemps, mais avec des produits de qualité qui était moyenne. L’offre de qualité est apparue essentiellement après le Covid. C’est l’Allemagne qui a été précurseur, surtout dans les processus de désalcoolisation. Ils ont développé une vraie expertise très tôt. Aujourd’hui, le sans-alcool est un marché qui a une croissance autour de 9 à 10% par an. Parallèlement, la consommation d’alcool ne cesse de baisser, près de 30% ces cinquante dernières années.

Qu’est-ce qui explique cet engouement ?
Je pense que cela suit l’engouement du « mieux manger » et c’est assez logique. Après, le « mieux manger », on pense  au « mieux boire ». J’ai la conviction qu’il ne s’agit pas d’une mode ni d’une tendance éphémère, mais d’une véritable vague de fond – qui ne vient pas s’opposer aux très belles choses qu’on fait en France avec alcool  comme le vin – mais d’une offre qui vient aussi s’adresser à ces personnes qui n’ont jamais consommé d’alcool ou qui n’aiment pas ça.

 

Comment obtient-on du vin sans-alcool ?
Nous travaillons essentiellement avec des vignerons qui produisent du vin avec alcool et qui consacrent une partie de leur production à la désalcoolisation. Le vin est vinifié de manière traditionnelle, c’est ensuite que l’ on retire l’alcool par un processus de distillation sous vide. La nouveauté, c’est qu’on le chauffe maintenant à basse température, pas plus de 40 degrés, ce qui permet de préserver davantage les arômes d’origine du vin.

Sent-on vraiment une différence entre le vin avec et sans alcool ?
J’aime parler d’un « autre vin », parce qu’évidemment, quand vous enlevez l’alcool, vous enlevez ce qui structure la boisson. C’est pour cela qu’il y a tout un travail œnologique à refaire après la désalcoolisation. Pour autant, si vous goûtez un vin désalcoolisé et que vous n’êtes pas prévenu qu’il est sans d’alcool, vous trouverez que ce vin a peut-être quelque chose de particulier, mais sans penser en premier lieu que l’alcool est manquant. Votre cerveau et votre palais vont retrouver des repères de vin, quelque chose de vineux.
J’aime aussi dire comme dans le vin avec alcool, il y a une grande variété selon les goûts. Par exemple, le Malbec de Cahors avec Monsieur Vigouroux a gardé son caractère très vineux avec ses tanins en fin de bouche. Si vous êtes plus sur le fruit, vous irez vers une cuvée Vieilles Vignes de Petits Bérets, un assemblage grenache type Côtes du Rhône. Si vous préférez la délicatesse, vous choisirez un pinot noir de la Loire avec des tanins plus fondus.


Et au niveau des prix ?
Les gens étaient dans ce qu’on appelle le « marketing du sans » : sans alcool, donc on a enlevé quelque chose, donc c’est moins cher. Or, il y a un coût supplémentaire. Le vigneron fait son vin en amont comme il ferait son vin avec alcool, et c’est après qu’il entreprend un processus de désalcoolisation. Maintenant, les gens s’informent sur le sans-alcool, et c’est, selon moi, davantage rentré dans l’imaginaire collectif que le « sans »  n’est pas synonyme de moins cher. Nos prix vont de 9€ à 49€ parmi les 400 références de boissons.

Quelle différence percevez-vous pendant janvier par rapport aux autres mois ?
La différence se fait dans la fréquentation, bien-sûr, en raison du Dry January. Janvier est pour nous le deuxième meilleur mois de l’année après décembre avec les fêtes. Mais les gens viennent avec souvent la même demande. Celle de remplacer leur rituel avec alcool par du sans alcool. Ils apportent une grande importance à garder leur rituel : le petit verre quand on rentre du boulot avant de passer au dîner, l’apéro entre copains le samedi, le vin pendant le dîner. Globalement, ils sont très curieux et très ouverts, en tout cas pour ceux qui franchissent la porte ! 

Avez-vous des anecdotes marquantes depuis l’ouverture ?
Beaucoup ! Pour exemple, un jour, un monsieur est rentré convaincu d’être dans une cave avec alcool, avec sa valise direction Belle-Île. Il souhaitait  acheter quelques bouteilles de vin rouge à offrir à ses amis. Mon mari lui fait goûter plusieurs vins. Le monsieur goûte et dit : « C’est vraiment bon ! J’ai bien reconnu les cépages, mais ces vins ont quand même tous un trait commun, je ne sais pas si vous pouvez m’expliquer ça ? » A ce moment, mon mari comprend qu’il y a méprise et lui dit : « En fait, le trait commun, c’est que ce sont des vins désalcoolisés. » Les bras du monsieur sont tombés ! Il est quand même reparti avec deux bouteilles. Mais… il était tellement déstabilisé qu’il a oublié sa valise dans la cave !

 

 

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Qu’Importe l’Ivresse
66 rue de Lévis, Paris
16 rue Maréchal Joffre, Rennes


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