Tourisme : Santiago, le village des adeptes de slow travel en Basse-Californie

À la croisée de l’océan Pacifique et de la mer de Cortez se cache une destination mexicaine entre authenticité et élégance discrète, où la nature s’exprime. Entre oasis, montagnes et plages de rêve à Los Cabos, le village de Santiago est le point de chute idéal pour prendre le temps d’explorer la région. Échappée.

Par Margaux Steinmyller

Los Cabos, l’autre Mexique

Le bout du monde se mérite, mais se rejoint plus facilement depuis l’ouverture d’une ligne directe opérée par la compagnie Condor depuis l’aéroport de Francfort-sur-le-Main en Allemagne (comptez une heure de vol depuis Paris). Treize heures plus tard (et neuf heures de décalage horaire), vous voilà déjà plongé dans l’ambiance paisible de San José del Cabo, la plus arty des cinq villes composant Los Cabos. Cabo San Lucas, plus animée, incarne l’esprit festif et portuaire, La Ribera et Santiago, rurales et authentiques, contrastent avec Miraflores, nichée dans les terres, où l’artisanat et les traditions perdurent. Un territoire pluriel entre luxe discret, culture mexicaine et nature sauvage.

Amet Nature Retreat, à Santiago

Bien avant de devenir une destination prisée des voyageurs – essentiellement américains, séduits par sa proximité géographique à 2h20 de vol de Los Angeles – Los Cabos vivait au rythme de la pêche. Pendant des siècles, cette région isolée de la Basse-Californie (aussi appelée “Baja”) était très difficile d’accès, sans route ni infrastructure. C’est dans ce décor brut que les missions jésuites s’établissent au XVIIème siècle, créant les premiers villages dont San José del Cabo, encore emprunt de charme colonial. Ce n’est que dans les années 50 que les célébrités hollywoodiennes (John Wayne, Bing Crosby, Frank Sinatra, Steve McQueen…) et les plus fortunés y décèlent un certain potentiel : un havre de paix confidentiel aux paysages préservés, accessible uniquement par yacht et jet privé.

En 1956 l’actrice Lucille Bremer et son mari, aficionados de la région, ouvrent l’hôtel Palmilla et jouent de leur réseau. Le resort devient le refuge des personnalités qui comptent – à l’instar du président américain Eisenhower – consolidant la réputation de Los Cabos, son exclusivité, et sa part de rêve américain. Dans les années 70, l’apparition d’une route reliant Tijuana à Cabo San Luca puis l’ouverture de l’aéroport international marquent un tournant : le tourisme se démocratise.

 

La vie slow à Santiago

Si les voyageurs se déplacent à Los Cabos, c’est avant tout pour la beauté de ses paysages, hors-norme. Située près du tropique du Cancer, la région bénéficie d’un ensoleillement généreux à minima 300 jours par an. Le plus surprenant ? Le contraste des panoramas grâce à cette position géographique, au croisement de plusieurs influences climatiques. Ici, le littoral côtoie à la fois le désert, les forêts tropicales, les montagnes et les rivières ; et la biodiversité sous-marine, d’une richesse sans pareille (baleines, raies mantas, dauphins, poissons tropicaux, lions de mer, récifs coralliens…) attire les plongeurs du monde entier. Dans les terres, Santiago apparaît comme une parenthèse inattendue : un village paisible entouré d’oasis verdoyantes, nourries par des sources naturelles. Palmiers, vergers et bassins d’eau douce dessinent un décor presque irréel au cœur de la Baja, offrant un visage plus secret et plus intime de la région. Ici, la fraîcheur de l’eau, la vie locale et la douceur du paysage invitent à une autre manière de découvrir Los Cabos, loin de l’agitation, au fil des oasis.

Camille, trentenaire d’origine française a même fini par s’y installer, en 2022 : “À l’époque, je ne connaissais pas la Baja California Sur et je n’avais aucune intention de m’y rendre, mais un ami m’a parlé de Cabo Pulmo, un site de plongée sous-marine exceptionnel. C’est là-bas que j’ai rencontré Javier, un local, et que j’ai pris la décision de ne pas rentrer en France”. Elle annule sa prochaine mission dans la finance, et s’installe avec ce dernier (son compagnon encore aujourd’hui) sur place. Si l’amour est la raison qui l’a faite revenir en Basse-Californie, le cadre de vie, la liberté et la force des paysages l’ont fait rester : “Le rythme différent, plus aligné avec ce que je cherchais sans vraiment le savoir.”

Le parc marin de Cabo Pulmo, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, abrite l’un des récifs coralliens les plus anciens de l’hémisphère nord - un spot unique pour les adeptes de snorkeling.
Les cascades du Rancho Ecologico Sol de Mayo, un eden préservé (et l'un des endroits préférés de l'acteur Léonardo Dicaprio lors de ses escapades)
Kayak sur les lagons de Santiago
La route vers Cabo Pulmo, en pleine nature
Les sources d'eau chaude Santa Rita

Sa carrière prend alors un tout autre tournant, et Camille s’oriente naturellement vers la cuisine. Traiteur pour des événements privés dans la région, elle ouvre avec Javier fin 2024 le café Tostado à l’entrée de Santiago, petit village niché entre la mer et la montagne, connu pour son oasis et son rythme de vie préservé. Là-bas, du côté de la Sierra de la Laguna (la chaîne de montagnes classée Réserve de biosphère par l’UNESCO), les habitants et visiteurs se côtoient entre deux randonnées au Rancho Ecologico Sol de Mayo (l’endroit préféré de Léonardo Dicaprio selon les locaux), une visite aux sources d’eau chaude de Santa Rita, une balade en kayak sur le lagon ou une journée de plongée à Cabo Pulmo (à une heure de route en voiture). “Santiago, c’est un lieu où l’on prend le temps de vivre. On s’arrête pour un café, on échange avec les habitants, on goûte une cuisine simple et sincère. C’est une étape pour ceux qui cherchent une Baja plus intime, plus vraie, et qui acceptent de se laisser surprendre.” Une vie que Camille n’est pas prête d’abandonner : “À Los Cabos, on peut passer de l’océan au désert, puis à une végétation luxuriante en très peu de temps.Ce rapport constant à la nature apporte une vraie sensation de liberté et nourrit mon énergie au quotidien. Ici, le temps se vit différemment : il ne se mesure pas seulement en heures de travail, mais en lumière, en saisons et en espaces à explorer”.

Où dormir à Santiago ?
Amet Nature Retreat

Un hôtel au cœur des lagons de Santiago, à seulement 30 minutes de San José del Cabo (et de l’aéroport) où tout est pensé pour déconnecter. Créée par Monica Balbontin, anciennement dans la finance, ce projet d’hospitalité incarne une autre idée du luxe : celle du silence, du temps retrouvé et d’une connexion profonde à la nature. Une vision personnelle et engagée de l’hospitalité, loin des standards hôteliers.
Amet signifie « terre » en langue indigène, une promesse tenue dès les premiers pas, entre murs de sable et d’argile, matériaux bruts et intégration totale au paysage.

Pensé comme un refuge intimiste, l’hôtel Amet revendique sa petite taille : trois tentes et trois suites seulement, posées dans une zone marécageuse volontairement préservée. Ici, pas de superflu, mais une expérience glamping sincère, destinée aux voyageurs en quête de calme, d’intimité, de bien-être et de sens. Pour prolonger l’expérience, l’hôtel dispose d’un restaurant à la carte locale et végétarienne, des sessions de yoga ou massages à la demande et des expériences avec guides privés, tels que le kayak méditatif sur le lagon, la randonnée, la baignade dans les cascades. Magique !

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