Bonne adresse : Café Enez à Douarnenez

Tous ceux qui passent par Douarnenez désirent y revenir. La lumière, le petit port, la découpe de la côte : tout invite à vivre en harmonie avec la terre et l’océan dans ce havre de paix au passé sardinier. Mahaut Le Lagadec y est passée, puis repassée, et s’y est installée. Son fief, le café Enez, est un lieu chaleureux et gourmand où il fait bon passer et repasser toute la journée.

Par Violaine Belle-Croix - Photographies : Anne-Claire Héraud

Mahaut, vous êtes l’heureuse propriétaire du café Enez ; pourquoi l’avoir appelé ainsi ?

Enez veut dire “île” en breton, et c’est la fin de “Douarnenez”. J’ai choisi ce nom en référence à l’île Tristan qui est pour moi l’élément géographique central et magique de Douarnenez car derrière elle, le soleil se couche. Le logo du café reprend la forme inversée de l’île. J’ai le sentiment que ce choix ancre mon café dans ce territoire qui m’est cher.

Pourquoi un café et pas un bistrot ? Ou un restaurant ?

Pour favoriser la convivialité. L’appellation “café” évoque un lieu de vie de village, un point de rencontre pour le petit déjeuner, après le marché, à l’heure de l’apéro. Ouvert en continu de 9 heures à 22 heures, l’établissement combine café, restauration et bar, cré- ant un “joyeux bazar” où chacun trouve sa place à différents moments de la journée. Vous pouvez venir prendre un vrai petit déjeuner avec des œufs et des tartines, boire un verre au soleil ou, le samedi, une assiette d’huîtres et un petit verre de blanc… Un café, c’est pour tout le monde.

Quel est votre parcours ? Comment êtes-vous arrivée à Douarnenez ?

J’ai grandi à Rennes et j’ai fait mes armes dans plusieurs restaurants en Bretagne, dont Les Sardines à la plage à Lancieux. Je me suis formée sur le tas ; je cuisine intuitivement. J’ai visité beaucoup d’endroits avant de choisir Douarnenez comme ça, parce que c’était évident. Ce café était tout près de la mer, du centre-ville et de la place des Halles et du marché. Et puis Douarnenez c’est sauvage, pas très construit, on est en prise avec la nature : ça me plaît.

Qu’avez-vous changé par rapport à l’ancien café ?

J’avais envie que le lieu reste fidèle à ses origines ; alors, on a ouvert un an sans faire de travaux, puis on a fermé deux mois pour faire une rénovation simple et authentique afin que personne ne se sente intimidé. Avec Grenue, une jeune agence rennaise d’architectes, on a travaillé avec du bois et de l’Inox, du blanc, des éléments de récupération ; par exemple, les étagères ont été faites à partir de rails de placo. Et puis je voulais une cuisine ouverte : la cuisine, c’est le partage, la transparence, la convivialité, ce n’est pas au bout du couloir. J’adore entendre les gens parler au bar, me poser des questions ou surprendre les enfants perchés sur un tabouret, curieux de voir ce que je fabrique.

Comment vous approvisionnez- vous ?

J’ai de la chance : je suis en face de la place du marché et des Halles, alors mon approvisionnement, il est on ne peut plus direct et local. Trois fois par semaine, mes cagettes de produits frais m’attendent ; parfois, il ne se passe qu’une petite heure avant que les bons produits ne se retrouvent dans vos assiettes.

Que peut-on raconter de votre cuisine ?

Je fais une cuisine simple, gourmande, vivante et instinctive. Je fais avec les saisons, avec ce que me livrent les producteurs, avec la météo et avec les envies du moment. Je privilégie le végétal, le poisson et les coquillages. Depuis l’ouverture, il y a deux ans, je travaille avec Léna Quérat, qui m’aide au quotidien dans la réalisation des recettes.

À quoi ressemble votre vie à Douarnenez ? La grande ville ne vous manque pas trop ?

J’aime mon cadre de vie sauvage ; je surfe, je cours, je fais de la céramique et de la danse quand ma cuisine me laisse du repos ! J’ai besoin de toutes ces activités pour me nourrir et pour que ma cuisine se renouvelle. J’aime cette vie simple loin de l’agitation et des embouteillages que j’ai de plus en plus de mal à supporter.

Comment faites-vous pour rester ouvert toute l’année dans un petit village ?

Le secret, c’est de savoir animer la basse saison pour fidéliser la clientèle locale. Évidemment, la haute saison apporte une sérénité financière, mais le reste de l’année est porté par les habitués. Le café organise des événements réguliers : des concerts, des lectures, des projections de films ou des banquets thématiques. Par exemple, à la rentrée, nous avons lancé un banquet Kig Ha Farz, le pot- au-feu breton agrémenté d’un crumble de sarrasin qui fait toute la différence. Ces rendez-vous font du café un lieu culturel et social, un lieu de rencontre et de retrouvailles pour les douarnenistes.

Quelles sont vos adresses préférées à Douarnenez ?

Le restaurant Glaz à Pont-Croix. À 20 minutes de Douarnenez, ce restaurant hyper-créatif et gourmand offre une cuisine fantastique et une belle sélection de vins dans le ravissant village d’artistes de Pont-Croix. Glaz désigne la couleur bleu-vert de la mer en breton. La cave à manger Les Dieux ont soif à Douarnenez. Juste en face de mon café, de l’autre côté des Halles, cette cave à vins crée une ambiance intergénérationnelle unique. Rebecca, la propriétaire, est connue pour son accueil chaleureux et sa capacité à proposer des vins adaptés aux goûts de chacun. Elle se souvient toujours de ce que vous aimez et vous propose pile celui dont vous avez envie.

@cafe.enez

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