Décoratrice d’intérieur depuis vingt ans, Aline Matsika a co-fondé l’hiver dernier, un concept store inspiré de ses racines : un lieu où l’on voyage en l’Afrique à travers des pièces d’artisanat sélectionnées directement sur place. Poteries, tabourets sculptés, bijoux, textiles, coussins en tissu kuba, livres… Tout est réuni pour raconter l’art de vivre africain en le mêlant à une esthétique contemporaine. Le nom Timuntu signifiant « je suis parce que nous sommes » est une parole souvent répétée par le père d’Aline. « C’est une façon de se comporter dans la vie, de faire attention aux autres, d’évoluer en même temps que les autres » explique-t-elle. Autrement dit, la philosophie qu’elle souhaitait transmettre !
La tendance afro-bohème
Naturelle, organique, texturée, graphique, chaleureux, sensorielle, l’esthétique afro-bohème s’intègre dans les ambiances contemporaines. Pourquoi cet engouement ? Pour Aline, la réponse tient dans les matières elles-mêmes : « On est dans une ère où on aime tout ce qui est naturel. En Afrique, on y travaille essentiellement les matières naturelles : le bois, le raphia, le coton, le cuir… » L’incorporation de ces matières permettent de créer le pont entre le continent africain et le bohème contemporaine. Les couleurs phares du moment ? Blanc cassé, ocre, beige, marron profond ; des nuances que l’on retrouve partout dans l’artisanat africain.
5 conseils pour un intérieur afro-bohème en 2026
1/ Toujours trouver un lien entre les pièces
La clef selon Aline : ne jamais juxtaposer des objets au hasard. « Il faut toujours trouver un lien, soit de couleur, soit de forme. » Un tabouret en bois sombre trouvera naturellement sa place auprès d’un canapé beige si les deux partagent une tonalité terracotta dans leurs coussins. L’harmonie se construit par les correspondances.
2/ Commencer par les accessoires
Pour ceux qui découvrent le style africain et ne souhaitent pas tout transformer d’un coup, Aline conseille de débuter en douceur : « Des coussins, des petits tabourets, des vases, des objets décoratifs. » Ces touches subtiles suffisent à faire entrer une atmosphère nouvelle sans bouleverser l’ensemble.
3/ Jouer avec les matières naturelles
La culture du pays est riche en matières : le lin, le coton, le cuir, le raphia. Ces matières naturelles créent des associations sensorielles riches et cohérentes avec les pièces africaines.
N’hésitez pas non plus à détourner les textiles. Les tissus africains (kuba, tissus kente…) ne sont pas réservés qu’aux coussins. On peut en faire des rideaux, des panneaux muraux, des jetés de canapé. « Un panneau d’un côté, ça suffit », rappelle Aline. Associé à un tissu contemporain en lin ou en coton de la même couleur apportera aussi de la modernité à la pièce.
4/ Connaître l’histoire des pièces
Un conseil précieux, qui ne s’arrête pas à la déco mais fait de l’objet décoratif un élément plus grand, porteur de sens. Ainsi Aline nous invite à chercher à comprendre l’origine de la pièce avant de l’intégrer dans son intérieur. Savoir qu’un coussin est confectionné à partir d’un tissu de cérémonie kuba, que ce tabouret a été tourné à la main par un artisan bamiléké au Cameroun, que ce vase vient d’un atelier familial au Ghana … c’est ce qui transforme un simple objet mort en conversation vivante. « Connaître l’histoire de ses objets, c’est leur donner une âme, et donner du sens à son intérieur » rappelle Aline, et c’est la différence.
5/ Ne pas trop en faire
Dernier conseil, la retenue. « Pour ne pas en faire trop, commencer par des coussins, des petites choses. Quelques pièces bien choisies, reliées entre elles auront bien plus d’impact qu’un intérieur surchargé, même si à la longue on est tenté par tellement de beaux objects artisanaux » en rigole Aline. L’élégance, en décoration comme ailleurs, tient souvent dans le peu mais bien choisi.
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Timuntu