Bonne adresse : Namō, l’auberge japonaise dédiée au bien-être en Normandie

Niché dans la campagne de l’Eure, Namō est un projet hors norme né de la passion de Jason et Alison. En façonnant ce ryokan japonais bioclimatique avec des matériaux biosourcés, le couple a créé un véritable prolongement de la nature environnante, pensé en symbiose avec elle. Immersion dans ce sanctuaire écoresponsable et hors du temps, dédié au bien-être.

Par HÉLÈNE LAHALLE- PHOTOGRAPHIES : NAMŌ ET ISABELA MAYER

Namō : À L’EURE JAPONAISE

Ancré au creux du paysage verdoyant de l’Eure, Namō est bien plus qu’un ryokan bioclimatique. C’est une parenthèse holistique, née du pari audacieux d’Alison et Jason : créer un sanctuaire écoresponsable, pensé comme une invitation à l’apaisement, à la contemplation et au bien-être. Un lieu dont la singularité force le respect. Avant d’initier ce projet hors norme, Alison exerçait le métier de modéliste et Jason celui de directeur artistique image. Des carrières créatives rythmées par les voyages et une sensibilité affirmée pour le beau. « J’organisais des reportages à travers le monde, mettant en lumière des artisans du textile.J’ai été profondément ému par le Japon, touché par la poésie présente dans chaque geste,le sens du service et le souci du détail»,se souvient Jason. De cette immersion dans les auberges traditionnelles nippones (les ryokans), couplée à une pratique assidue de la méditation, naît une intuition : imaginer un havre de paix épuré, accessible sans partir au bout du monde, pour offrir un espace de déconnexion totale.

ARCHITECTURE ÉCORESPONSABLE ET RADICALE

Pour concrétiser leur vision, le couple déniche un terrain entouré de nature dans l’Eure et fait le choix d’une démarche sans compromis. Sans formation initiale en bâtiment, ils s’immergent pendant deux ans dans l’étude de l’architecture bioclimatique. « Nous voulions un bâtiment logique et performant, qui fasse appel à des savoir- faire parfois oubliés. Utiliser l’eau de pluie, traiter les eaux usées par les plantes, laisser le soleil d’hiver réchauffer l’espace… La philosophie résonnait en nous. » Il aura fallu six ans de maturation, dont deux années d’un chantier titanesque mené six jours sur sept, pour voir émerger la structure. Confrontés à l’envolée des prix des matières premières post-Covid, Alison et Jason réalisent la quasi-totalité des travaux eux-mêmes, épaulés par une soixantaine de proches et quelques artisans passionnés.

Le résultat est un modèle du genre : ossature bois, isolationen ballots de paille, liège, journaux recyclés et cloisons phoniques en lin et jeans usagés. « Ce temps long, à la manière d’un maraîcher qui enrichit son sol, a permis à la récolte d’être exceptionnelle. Il y a eu énormément d’énergie et d’amour investis, ce qui insuffle aujourd’hui au lieu une harmonie et une justesse uniques », analyse Jason.

POÉSIE DES MATIÈRES ET ESTHÉTIQUE WABI-SABI

À l’intérieur, l’aménagement fait la part belle au design organique, au sur-mesure et à l’économie circulaire. Le mobilier est façonné à partir d’essences du terrain : vieux noyers et cerisiers deviennent lits, bancs ou étagères. La table basse du salon associe un pied en noyer du jardin à une chute de parement en pierre issue du démantèlement d’une tour de La Défense. La vaisselle en grès et les objets de décoration ont été minutieusement chinés au fil de brocantes dominicales. Grâce à de larges baies vitrées, la frontière entre l’intérieur et le jardin s’efface. L’architecture devient un cadre où la lumière normande et les saisons dessinent le paysage. « Au Japon, il existe une multitude de termes pour évoquer le seuil entre soi et la nature. Chaque pièce a été pensée comme une invitation à poser un regard calme sur l’extérieur, propice à la méditation », souligne Jason.

L’ART DE SE RETROUVER

Namō, mot sanskrit signifiant “ se sentir bienvenu en soi ”, est pensé pour couper les stimulations du quotidien. On y vient pour suivre des retraites de yoga ou des ateliers de reconnexion. La gourmandise y est aussi holistique : la cheffe Charlyne Devallière, thérapeute en alimentation consciente, y signe une cuisine bio, végétarienne et locale, approvisionnée notamment par le maraîcher bio voisin, et illustrant le nouveau format de retraite du lieu : « revenir à soi par l’alimentation ». L’âme de Namō réside également dans une hospitalité incarnée, Alison et Jason accueillant personnellement leurs hôtes. « Nous avons voulu créer une narration poétique, sans place au hasard, où le peu de stimulations invite à l’introspection »,confie Jason.
Leurs hôtes, aux profils variés, ont en commun de ressentir le besoin de prendre un temps pour eux.
Et c’est précisément la vocation du lieu : faire vivre des moments hors du temps, qui favorisent le lâcher-prise. « L’idée, en venant ici, c’est de profiter d’un espace doux. Comme un sanctuaire, où, dans ce calme, on apprend à nouveau à tendre une oreille plus attentive à ses envies profondes, poursuit-il. Les retours des visiteurs nous touchent. C’est très émouvant de se rendre compte qu’ils ressentent ce que l’on souhaitait propager : du lâcher-prise, une forme de paix intérieure. Dans un endroit utopique, où tout semble possible, ils ont l’impression d’être en voyage dans un lieu 111 où le temps semble suspendu. En voyage en eux-mêmes aussi, à la redécouverte d’espaces qui leur font beaucoup de bien. » Fort de ce succès – le ryokan affichant complet un an à l’avance -, le couple prépare déjà la suite de son aventure esthétique et sensorielle. À l’été 2027, Jason et Alison ouvriront un second sanctuaire sur l’île de Tinos, dans les Cyclades. Une création bioclimatique tournée vers la mer, entre ateliers de sculpture sur marbre et randonnées au lever du soleil, qui prolongera cette même quête d’essentiel et de sérénité.

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RYOKAN NAMŌ

12 ter rue du Bout-Londel 27110 Sainte-Colombe- la-Commanderie

namo-ryokan.fr

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