Un projet sur la table
L’histoire de Céladon débute durant le premier confinement. Les restaurants sont fermés. Pour Amélie et Martin, le temps linéaire s’articule autour de la cuisine et de l’art de se faire plaisir. Mais très vite, dresser la table, avec une vaisselle blanche achetée quand ils étaient étudiants, lasse le couple. « Nous cherchions à acheter de jolies pièces, colorées et abordables. À 30 ans, nous avions aussi envie d’habiller notre intérieur avec plus de soin et d’identité. » Le couple cherche une vaisselle à son image, en vain. « Je n’avais pas envie d’une porcelaine que je n’oserais pas utiliser au quotidien ni passer au lave- vaisselle. » En pleine carrière dans le digital, l’envie d’entreprendre fait sens. C’est vers la céramique artisanale que leur projet prend naturellement forme. Une matière vivante, chaleureuse, capable de supporter les repas répétés, les fêtes improvisées comme les dîners ordinaires.
Le savoir-faire portugais
Le choix du Portugal s’impose rapidement. Plus qu’un pays defabrication, il devient une véritable source d’inspiration. « On s’est d’abord rendus dans la région de Nazaré qui concentre un savoir-faire hors pair. » Entre Porto et Lisbonne, une dizaine d’ateliers accompagnent la jeune marque dans le développement des formes, des volumes, des émaux et des palettes chromatiques. « Nos collections sont inspirées par ses villes, ses plages, ses azulejos, ses reliefs et son art de vivre. Plus globalement, tout ce qui touche à la Méditerranée nous inspire. » Chaque pièce est émaillée à la main, laissant apparaître de subtiles variations qui rendent chaque objet unique. Ce retour au grès nourrit une esthétique solaire et naturelle où le mix & match devient un langage. « La singularité de Céladon réside dans la possibilité d’allier tous nos émaux. L’idée est de laisser chacun imaginer la table qui lui ressemble. » Exit les services figés : ici, les couleurs dialoguent librement, les assiettes se mélangent et les tablées prennent des accents méditerranéens où la spontanéité l’emporte sur les conventions.
Pour une maison vivante
Cinq ans après son lancement, Céladon entre dans une phase d’alignement. Les fondateurs travaillent actuellement à une refonte de leur identité visuelle et de leur image afin d’affirmer davantage leur singularité. En mouvement, la marque déploie progressivement une ligne d’objets de décoration, guidée par l’idée d’investir une maison vivante. Parce que la céramique est avant tout une expérience sensorielle, cinq boutiques présentent les collections à travers le pays. « On a lancé le site Internet en même temps que notre premier pop-up store. Très vite, ouvrir des boutiques s’est avéré essentiel. Choisir de la vaisselle, c’est toute une expérience. » Un choix qui s’impose naturellement lorsqu’on parle de céramique : sentir le poids d’une assiette, observer les nuances d’un émail, comparer les textures ou composer soi- même son service invite aux coups de cœur. Les collaborations artistiques constituent aussi un nouvel axe de développement, avec une première collection en octobre imaginée avec l’artiste peintre Faustine Badrichani. Enfin, Amélie nourrit une idée qui lui tient particulièrement à cœur : développer un jour une ligne pour les enfants. « Parce qu’autour de la table, chacun doit pouvoir trouver sa place. » Une vision fidèle à l’esprit de Céladon, qui considère le repas moins comme un rituel que comme l’un des derniers grands espaces de partage.
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HOME FOOD
Numéro 11 (septembre – octobre – novembre 2026) – L’automne s’invite à table
9,90€

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