Amulette est né de cette envie de rassembler, de provoquer une sorte d’émulsion humaine et créative. Un café, c’est un lieu de vie. Les Anglo-Saxons appellent ça un « third place » : le premier lieu étant ton chez-toi, le deuxième ton lieu de travail, et le troisième ce type d’endroit qui permet de se retrouver, seul ou avec d’autres.
HOME : D’où vient le nom « Amulette » ?
J’aime la symbolique de ce mot, ça m’évoque un petit objet qui protège une personne ou un lieu, je trouve la sonorité douce et aussi le mot est transparent avec l’anglais ‘amulet’ donc il peut parler au plus grand nombre.
Quel est votre parcours avant Amulette ?
J’ai travaillé une dizaine d’années en design / identité de marque avant de me lancer en freelance. Puis je suis allée vivre trois mois en Suède dans une ferme-restaurant où je j’ai appris la cueillette sauvage, la cuisson au feu de bois, à organiser des diners au milieu d’une forêt ect. Ensuite, j’ai découvert le monde du café et où les fondateurs m’ont formée au métier de barista. J’ai monté le projet Amulette en parallèle et le café est né au mois de septembre !
La localisation du café était-elle stratégique ?
C’est une rue vraiment à part, qui a gardé son charme grâce aux habitant.es et artisan.es qui l’habitent et qui sont très engagés pour préserver toute son authenticité. Le Village Sainte Marthe est connu et reconnu pour ses ateliers mais je ne me doutais pas que c’était à ce point car la plupart se situent dans les arrières cours et ne sont pas visibles depuis la rue. Il y a une multitude d’artisan.es et d’artistes – certain.es dont je suivais le travail et qui viennent prendre leur café chez Amulette. Il y a des nouveaux commerces qui s’installent depuis quelques années et il faut veiller à ce que tout cela cohabite. J’aime voir ou penser à des synergies, des collaborations entre tous les acteur.ices de cette rue, les possibilités sont immenses et c’est très inspirant !
Comment vous différenciez-vous des nombreux cafés qui ouvrent à Paris ?
Je crois que la différence se joue dans la sincérité. Si tu fais les choses avec authenticité, le lieu sera forcément unique.Ce café je l’ai imaginé avec mon intuition, les choses que j’aime et qui m’inspirent. Je voulais un lieu intimiste, et cette rue abritée se prête parfaitement à cela, les gens viennent grâce au bouche à oreille.
Comment avez-vous conçu l’aménagement ?
Il y a 5 ans, c’était un atelier d’artiste et quand j’ai visité le local il avait été refait à neuf donc je pouvais tout imaginer. Je suis très visuelle, donc j’ai fait ça petit à petit, en mettant mes tables avec des chaises, en regardant comment les objets fonctionnaient ensemble. C’est vraiment comme ça, en tâtonnant, que j’ai conçu le lieu, avec mes idées, mes inspirations, ce que j’aimais.Il n’y a pas vraiment une influence, il y en a plein. Nous sommes des éponges : les réseaux sociaux, les voyages, on est inspiré par plein de cultures et de courants. C’est un micmac de tout ce qui m’a inspiré.
Tout le mobilier a été chiné. La table dans le fond vient du ministère de la Culture. J’ai aussi fait appel à un brocanteur pour les tables et les chaises. J’ai fait ma sélection dans leur catalogue. Il y a aussi des objets de personnes que je connais : le banc rose de l’entrée, ce sont des copains qui l’avait fait pour un lancement au Palais de Tokyo et qui me l’ont offert lorsque j’ai ouvert le café, le tableau de ma belle-mère Valérie Betoulaud, les lampes de la vitrine par Alice Palmer à Londres, la fontaine de fruits a été réalisée par Caroline Schmoll. Le linge de cuisine (maniques, dessous de plats, torchons, tabliers) vient de chez Table, la vaisselle de Marimekko …
Parlez-nous un peu de votre sélection de produits.
Je travaille avec des producteurs et artisans engagés. Le café vient de Plural- où j’avais travaillé auparavant. Il prennent soin de sélectionner des projets de cultivateurs qui sont porteurs de sens (écologiquement, socialement) et la torréfaction est faite à Paris même. Le chocolat (pour le chocolat chaud) vient de chez Xoco, qui est le seul producteur de chocolat au monde à développer et cultiver son propre cacao de variété unique et ce depuis près de vingt ans.
Côté boissons fermentées, je collabore avec Cyril en Ardèche, un créateur passionné qui produit des cuvées naturelles, et pour les infusions, je travaille avec Lila de la Ferme du Bec Hellouin, qui les conçoit spécialement pour Amulette, et change au gré des saisons et de ses envies.
Le reste, granola, est fait maison, ou préparé par des amis talentueux comme Merci Mandy qui réalise les cookies du lieu.
Et demain, comment voyez-vous Amulette ?
J’aimerais développer le coin boutique en proposant une petite sélection d’objets art de vivre et art de la table de petites marques ou artisan.es que j’admire. Et organiser des rencontres avec des artistes, des petits événements…