Chelsea Vivash – Marqueterie contemporaine
Qui se cache derrière ce nom ? Chelsea Vivash, artiste et designer, basée à Bristol en Angleterre. Quelles sont vos sources d’inspiration ? Les intérieurs, les natures mortes, le mobilier, l’architecture, la nature. Une grande partie de mon travail consiste à remarquer les petites choses du quotidien, à mettre en lumière chaque courbe, chaque forme, chaque texture, chaque couleur, et à leur conférer une dimension particulière. Quel est votre processus créatif ? Je travaille souvent de manière intuitive avec la matière, en sélectionnant les placages et en assemblant les grains du bois pour créer des contrastes et un sentiment de calme. J’essaie aussi de dessiner régulièrement, et ces croquis deviennent ensuite le point de départ de mes pièces de marqueterie. Quelle est la place de l’outil dans votre travail ? Mon scalpel est l’outil que j’utilise au quotidien, même si je suis maladroite et que je me coupe souvent. C’est donc une relation amour-haine, mais il m’est indispensable. Je colle toutes mes pièces dans une presse à vide, qui m’a vraiment permis de changer d’échelle en passant de petites pièces pressées à la main à des panneaux et des meubles de plus grand format. Le bois est une matière vivante, comment composez-vous avec ses contraintes et imperfections ? Les placages que j’utilise ressemblent à du carton, mais comme ce sont de fines tranches de bois véritable, ils se comportent très différemment. Quand j’ai commencé, j’ai vite compris que cette matière ne se laissait pas toujours apprivoiser comme on l’espérait. On peut concevoir une pièce et la découper avec soin, mais c’est seulement quand elle sort de la presse et qu’on ponce la surface que l’image finale se révèle. C’est justement ce que j’aime : chaque feuille de placage est unique et chaque pièce que je crée l’est aussi. Votre premier souvenir avec le bois ? Enfant, j’étais fascinée par le dessin du grain du bois sur une lame de parquet ou par un nœud dans un arbre. Lorsque j’ai étudié le design de mobilier, cette fascination est revenue, et la marqueterie s’est imposée comme la technique faite pour moi.
Léa Laborie – Créations organiques
Qui se cache derrière ce nom ? Léa Laborie, menuisière et sculptrice. J’ai débuté mon activité à Marseille et après avoir passé dix ans dans cette ville incroyable, je m’installe à Albi, ma région d’origine, pour poursuivre mon activité.
Quelles sont vos sources d’inspiration ? Principalement mon médium, le bois. Chaque particularité, chaque essence, m’amène à un résultat ; je ne suis que les mains qui transforment. J’aime aussi le travail de designers et d’artistes comme George Nakashima, un incroyable artisan du bois japonais. J’ai également la chance d’avoir des amis créatifs qui m’ont toujours inspirée.
Quel est votre processus créatif ? Je travaille principalement avec des chutes de bois que des menuisiers ou mon frère élagueur me donnent. Je récupère ainsi des rebuts dont les formes guident le dessin des pièces à sculpter.
Quelle est la place de l’outil dans votre travail ? Je travaille surtout avec des gouges, qui permettent de sculpter le bois et créer des textures et du relief. Je suis également équipée de machines plus lourdes et portatives.
Le bois est une matière vivante, comment composez-vous avec ses contraintes et imperfections ? Lorsque l’on fait le choix de travailler avec des rebuts, on accepte de ne pas choisir sa matière. Ce sont ces imperfections qui m’obligent à créer de nouveaux modèles. Je dirais qu’un dialogue s’instaure entre le bois et mes mains.
Votre premier souvenir avec le bois ? J’ai évolué dans un environnement où mes parents étaient en permanence en train de restaurer notre maison – une grande bâtisse, qui s’inscrit dans la conservation d’un patrimoine. Je pense qu’être entourée de ces matériaux nobles, de ces méthodes anciennes, m’a beaucoup marquée.
Jérémy Aymard – Reliefs méditerranéens
Qui se cache derrière ce nom ? Jérémy Aymard, ébéniste et designer. En 2025, j’ai cofondé avec quatre associés une coopérative artisanale dédiée aux métiers du bois à l’est de Marseille. Quelles sont vos sources d’inspiration ? Elles sont intimement liées au lieu où j’ai grandi et où je travaille : mes textures et mes motifs font écho aux paysages qui bordent le territoire marseillais, entre mer, collines et massifs rocheux. Je suis aussi très marqué par le dialogue entre abstraction et figuration, découvert lors d’un stage chez la designer Constance Guisset. Je nourris également une sensibilité pour le wabi-sabi, cette pensée japonaise qui célèbre la beauté du temps qui passe. Quel est votre processus créatif ? Tout commence par le dessin : sur le papier, j’élabore librement des formes que je fais dialoguer entre elles. Vient ensuite la question de la faisabilité (proportions, assemblages, mise en œuvre) que j’aborde par la modélisation 3D, puis le prototypage, surtout pour le mobilier. Pour les petits objets, le point de départ est plus instinctif : je pars d’une chute de bois revalorisée sur laquelle je trace directement la forme à sculpter. Quelle est la place de l’outil dans votre travail ? Une place centrale : il est le lien direct entre ma main et la matière. Je laisse volontairement l’empreinte de l’outil qui a servi à façonner chaque pièce, et en observant ces dernières de près, on devine les gestes et le temps nécessaire à leur fabrication. Depuis quelques années, j’intègre également l’usinage numérique à ma pratique, une manière de mêler tradition et modernité. Le bois est une matière vivante, comment composez-vous avec ses contraintes et imperfections ? Cette part vivante, c’est à la fois son charme et un défi. Mon parcours de menuisier ébéniste m’a appris à maîtriser les contraintes, à rechercher la régularité et l’uniformité, notamment dans les projets d’agencement où la précision est essentielle. À l’inverse, dans mes créations sculptées, j’accepte plus volontiers les petits aléas et je compose avec eux. Ils deviennent parfois le point de départ pour enrichir une pièce plutôt que des défauts à effacer. Votre premier souvenir avec le bois ? J’ai grandi au cœur d’une exploitation agricole à Saint-Rémy-de-Provence – un terrain de jeu remarquable. Je me souviens de la sensation de sculpter un arc avec un simple Opinel, de construire des cabanes avec les branches de taille des fruitiers. Des gestes imparfaits mais libres, qui rejoignent ma pratique actuelle.
Atelier Rozier – Tressages précieux
Qui se cache derrière ce nom ? Maya Rozier, designer, Paris. Quelles sont vos sources d’inspiration ? Mon regard est souvent attiré par les couleurs, les matières, les textures et les volumes. Quand tous ces éléments trouvent une harmonie, c’est cet équilibre qui m’inspire. Je suis également particulièrement sensible à l’architecture d’intérieur, aux objets du quotidien et à la papeterie. Quel est votre processus créatif ? J’aime partir d’éléments existants car je ne sais pas partir de rien pour inventer – chercher, trouver, retravailler et composer avec peu de matériaux jusqu’à trouver ma manière de les utiliser. Mes bijoux en sont un bon exemple : des perles en bois et du fil, deux matériaux très simples, que je rends uniques grâce à un tressage personnel. C’est agréable de travailler avec une contrainte, composer avec ce que l’on a déjà et trouver une façon d’en faire quelque chose de singulier. Cette manière de créer me permet aussi d’éviter le gaspillage. Quelle est la place de l’outil dans votre travail ? Je travaille principalement avec mes mains mais j’ai toujours besoin d’un stylo, de papier et d’une paire de ciseaux. Avec ça, je peux commencer presque n’importe quel projet. J’écris beaucoup, je dessine, je fais des maquettes, des pliages, des essais. Même si je travaille ensuite avec d’autres matériaux, c’est toujours comme ça que je commence. Le bois est une matière vivante, comment composez-vous avec ses contraintes et imperfections ? C’est justement ce que j’aime dans le bois. Ce n’est jamais une couleur unie : il y a toujours plusieurs teintes qui cohabitent et ses imperfections font son charme. Un bois trop travaillé m’attire moins. J’affectionne le fait qu’il reste simple, avec une finition qui le met en valeur sans masquer ce qu’il est. Votre premier souvenir avec le bois ? Une petite boîte carrée en chêne, toute simple, dans laquelle ma mère rangeait ses bijoux. Je l’ai récupérée quand j’étais adolescente, j’y ai mis des petits souvenirs du lycée et elle trône fièrement dans mon salon aujourd’hui.
Grain & Knot – Sculptural et fonctionnel
Qui se cache derrière ce nom ? Sophie Sellu, artiste du sud-est de Londres. Quelles sont vos sources d’inspiration ? La nature, toujours. La relation entre le toucher et les objets du quotidien qui nous entourent, et la beauté que l’on trouve dans le banal. Quel est votre processus créatif ? Je dessine beaucoup, des croquis très simples et assez bruts, avant de les transposer sur des gabarits en papier. Je détermine généralement l’usage de la pièce que je veux utiliser pour des objets précis, je dois donc la trouver dans ma réserve de bois avant de la traduire en une forme achevée. Je suis une observatrice assidue, ce qui joue un rôle considérable dans ma créativité. Quelle est la place de l’outil dans votre travail ? Je dirais que c’est essentiel. J’ai un couteau à sculpter en particulier que j’utilise pour chaque pièce que je réalise. On fait beaucoup d’essais et d’erreurs avec les outils de sculpture, car certains bois sont plus difficiles à sculpter à la main que d’autres. Le bois est une matière vivante, comment composez-vous avec ses contraintes et imperfections ? Il faut simplement les accepter ; cela fait partie de la beauté du travail que d’en explorer les limites. Je travaille avec le bois, pas contre lui. Votre premier souvenir avec le bois ? Mes parents ont une très belle chaise en bois de rose qu’ils possèdent encore aujourd’hui. Elle est incroyablement ouvragée et a été fabriquée bien avant ma naissance.
Studio Kallang – Mémoires sensibles
Qui se cache derrière ce nom ? Faezah Shaharuddin, fondatrice de Studio Kallang, New York.
Quelles sont vos sources d’inspiration ? Ma pratique s’articule autour de la mémoire culturelle intime, en particulier mes souvenirs d’une vie partagée entre l’Asie du Sud-Est (principalement Singapour, l’Indonésie et la Malaisie) et les États-Unis. Mon travail s’inspire des couleurs, des textures et de l’atmosphère émotionnelle de ces lieux. Quel est votre processus créatif ? Tout commence généralement par un travail d’exploration de mes archives personnelles, croisé avec une curation de références historiques et contemporaines puisées dans différentes formes d’art et de culture. Je photographie beaucoup, partout où je vais. Parfois, ces images deviennent le point de départ d’une nouvelle pièce ou d’un nouveau projet. Vient ensuite une phase plus pragmatique : comprendre comment produire concrètement la pièce, et composer avec les contraintes bien réelles de la matière et de la fabrication.
Quelle est la place de l’outil dans votre travail ? Je collabore avec des artisans en Indonésie qui cumulent des décennies d’expertise dans le travail du bois. Les outils sont relativement simples, rien de sophistiqué. C’est leur maîtrise du geste qui nous permet de créer les pièces que nous réalisons.
Le bois est une matière vivante, comment composez-vous avec ses contraintes et imperfections ? Il peut se montrer capricieux, mais il y a en réalité tout un travail de préparation pour s’assurer que le bois soit exploitable. Nous travaillons principalement du teck massif, qui doit être séché au four jusqu’au bon taux d’humidité pour éviter qu’il ne se fissure après production. Il arrive malgré tout qu’il se fende, au gré des variations de climat. Personnellement, j’adore ces imperfections : elles rendent chaque pièce impossible à reproduire, unique et vivante.
Votre premier souvenir avec le bois ? Dans la maison de mon enfance, j’ai grandi entourée de meubles en teck à l’odeur si particulière. C’est un souvenir très viscéral, qui fait ressurgir une vague de nostalgie chaque fois que je me trouve près de ce type de bois encore aujourd’hui.
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