Arts de vivre, tout en philosophie

Prendre la route vers de nouveaux horizons, en quête de façons de vivre à contre-courant des excès de l’ultramodernité. De la philosophie hygge au Danemark à l’esprit coorie en Écosse, en passant par le courant wabi-sabi au Japon, tous ont pour point commun de se recentrer sur l’essentiel pour accéder au bonheur. Harmoniser l’esthétique à la simplicité, prôner un retour aux sources et puiser sa force dans la nature et la chaleur du foyer, savourer le temps qui passe… Voici quelques recettes venues d’ailleurs, pour laisser plus de place au bien-être et à la douceur de vivre dans notre quotidien.

Par Mélanie Vassart

Hygge
Définition du bonheur

Tout droit importé du Danemark, en tête de classement des pays où il fait le mieux vivre, le hygge est cette capacité à créer une atmosphère chaleureuse peu importe où l’on se trouve, et d’en profiter avec les personnes que l’on aime. Cela débute bien souvent par la maison, où le temps ralentit une fois la porte passée, et dans laquelle le cocooning contribue à accéder au bonheur. S’il n’y a pas de recette à suivre à la lettre, quelques éléments sont pourtant indissociables de cet art de vivre : les bougies (les Danois en sont d’ailleurs les plus gros consommateurs en Europe), les matières chaleureuses comme la laine, et bien sûr les objets qui conjuguent beau, utile et simplicité.

Bolia, canapé modulable Noora, prix selon composition.

Lagom
Une question d’équilibre

De l’autre côté du pont de l’Øresund, chez les Suédois, c’est le lagom qui mène la danse. Empreinte de modération et de conscience, cette philosophie prône le juste équilibre, “ni trop, ni trop peu”. Mêlant une pincée d’insouciance et une grande simplicité, ce mode de vie plus calme et plus raisonné a pour but de soulager la pression qui pèse sur nos épaules quotidiennement. Chez soi, ce sont de subtils changements qui aident à dégager ce temps si précieux derrière lequel on court. Désencombrer pour ne garder que l’essentiel et s’épargner ainsi des heures de rangement, ne pas faire l’impasse sur le confort avec du beau linge de maison, donner du caractère à son intérieur avec des pièces chinées, faire entrer la nature avec des plantes, et surtout ne pas négliger la lumière, voilà le point de départ pour rendre sa maison, et son esprit, plus lagom.

June Home Supply, panier tissé à la main avec des herbes durables, environ 32,20 €.

Wabi-sabi
Éloge de l’imperfection

Célébrer le temps qui passe, être plus proche de la nature, apprivoiser l’art subtil du dépouillement… le wabi-sabi est une invitation à davantage de contemplation. Ce courant esthétique, qui a vu le jour au Japon, sous-entend le besoin de simplicité et de silence (wabi) et l’affection pour les objets patinés et usés par les années (sabi). Sensible à la matière, cette philosophie honore les aspérités et les textures marquées. Bois abîmé, vaisselle en céramique handmade, végétaux tressés à la main, il est fondamental de se laisser porter par le témoignage d’usure et d’irrégularité des pièces que l’on fait entrer chez soi. Renoncer au superflu, renier l’uniformité des productions en série et se reconnecter à son rythme naturel, un trio fusionnel pour un retour à l’essentiel assumé.

Küdd : krig, tapisserie en chanvre durable et vintage tissée à la main, environ 640 €.

Coorie
La bonne énergie

Le talent qu’ont les Écossais pour trouver confort et énergie dans ce qui les entoure, c’est ça, le coorie. Cet art de vivre ne repose pas sur les possessions, mais plutôt sur ce qu’offre notre environnement, intérieur comme extérieur. Première étape pour accéder à ce bien-être à portée de main : vivre en harmonie avec la nature, la respecter, et également se fortifier à son contact. Camper en s’éloignant des clichés “tente de luxe et mille bougies” pour profiter simplement du moment, partager un repas sain et réconfortant avec ses proches, se retrouver sur le canapé, une bonne tasse de thé dans les mains, et regarder les flammes danser dans le poêle ou la pluie glisser sur les fenêtres. Repos, complicité, bienveillance… Et si, pour atteindre cet état d’esprit apaisé, il suffisait de se satisfaire de ce qui nous accompagne déjà ?

Rural Kind, sac à dos Roam Tabac, en matériaux durables et fabriqué à la main au pays de Galles, environ 230 €.

Kos
Priorité au partage

Si le mot kos était autrefois synonyme de “sécurité” à l’heure d’affronter les longs hivers norvégiens, froids et sans électricité, il définit aujourd’hui ces instants de bonheur éphémères durant lesquels on se sent protégé et heureux d’être en bonne compagnie. Trois petites lettres riches de sens qui mettent le doigt sur ces moments simples, chaleureux et intimes, partagés avec notre entourage. Un chocolat chaud savouré à la lueur des bougies, une promenade main dans la main dans la forêt, un déjeuner savoureux autour de mets traditionnels, des moments de rire lors d’une soirée jeux de société ; louer le bien-être que l’on ressent à l’intérieur lorsque l’hiver bat son plein derrière les fenêtres. Profiter du confort de son foyer et de la bienveillance des siens… un luxe convoité, mais une recette simple pour y accéder.

une Home Supply, chaussons Sasawashi, en tissu, environ 53 €.

Nesting
Rester chez soi

Recharger les batteries, mettre de côté le rythme effréné du quotidien et consacrer son temps à des activités qui nous font du bien, voilà l’essence même du nesting. Ce mot dérivé de nest, “nid” en anglais, exprime un bien-être global chez soi, sans se soucier de ce que l’on pourrait manquer en ne sortant pas. Priorité au cocooning donc, et ce grâce à l’aménagement de petits coins cosy aux quatre coins de son intérieur. Un canapé douillet pour feuilleter des magazines, un fauteuil enveloppant pour tricoter, un potager pour être au contact de la terre ou encore une grande table pour tester de nouvelles recettes… Se sentir chez soi comme dans un nid, oui, mais pas question de ne rien y faire !

Carl Hansen, table à manger CH339, en chêne massif et extensible, par Hans J. Wegner, 6 445 € chez The Conran Shop.