La cuisine était-elle importante dans ta famille ?
J’ai grandi dans une vraie mixité culturelle en voyant mes deux grands-mères cuisiner. Mes premiers souvenirs sont liés à ma grand-mère maternelle, qui était vietnamienne. Elle confectionnait tout maison : le tofu, la viande séchée, les bouillons, les nems… et elle a eu beaucoup d’enfants ! Toute la famille se retrouvait donc autour d’une grande tablée pleine de saveurs. Elle m’a toujours montré à quel point elle m’aimait à travers les plats qu’elle préparait. Même si elle nous a quittés lorsque j’avais 14 ans, c’est encore difficile pour moi de parler d’elle sans pleurer. Quand je cuisine, je pense énormément à elle. Du côté de mon père, les influences sont méditerranéennes. Originaire de Sète, ma grand-mère avait une cuisine généreuse, riche en huile d’olive, en aubergines, en tomates et en courgettes. Elle avait aussi une façon très ludique de me faire découvrir les légumes. Si, par exemple, je n’aimais pas l’aubergine, elle la cuisinait de différentes façons pendant une semaine. Je finissais toujours par trouver une recette qui me plaisait. C’est comme ça qu’elle a développé ma curiosité et mon envie de goûter à tout. Je me suis construite ainsi, entre l’amour des bons produits et celui de recevoir les gens.
À quel moment as-tu décidé d’en faire ton métier ?
J’ai toujours aimé cuisiner, mais tout s’est accéléré pendant le Covid. À l’époque, je savais déjà que j’allais changer de voie – j’étais commerciale dans la mode –, mais je n’avais pas encore d’idée précise. Avec le confinement, j’ai pu me consacrer pleinement à la cuisine. Antoine, qui est aujourd’hui mon mari, m’a alors dit une phrase qui a tout changé : « C’est vraiment délicieux, mais la présentation n’est pas folle. » Honnêtement, il avait raison. À partir de là, j’ai commencé à travailler les associations de couleurs, les textures, les dressages. Je me suis rendu compte à quel point cela m’émouvait. Dans mon ancien métier, je mettais en valeur le travail des créatifs ; là, j’avais enfin trouvé mon propre langage créatif.
Tu as donc créé Casa Léa ?
Oui, juste après la pandémie, sans vraiment savoir ce que cela allait devenir. J’avais le syndrome de l’imposteur et je communiquais donc très peu sur mon travail. Mais Casa Léa s’est rapidement développée de façon organique, grâce à des opportunités inattendues, à mon réseau dans la mode et au bouche-à-oreille. Pour moi, ça a été un véritable alignement de planètes qui m’a confirmé que j’empruntais la bonne direction. Comme disent les Américains : all signs pointing to yes.
Ceci n’est qu’un aperçu de notre rencontre… Retrouvez l’interview intégrale dans le dernier numéro de HOME FOOD, n°11.
HOME FOOD
Numéro 11 (septembre – octobre – novembre 2026) – L’automne s’invite à table
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