L’histoire de la cafetière Moka Express de Bialletti
L’inspiration de la cafetière Moka : la lessiveuse
L’histoire de la Moka Express commence par une révélation à domicile. Dans les années 1930, Alfonso Bialetti, ingénieur italien émigré en France, observe sa femme utiliser sa lessiveuse – aussi appelée « lisciveuse » – pour laver le linge. Le principe le fascine : l’eau chauffée monte par une colonne centrale sous l’effet de la pression pour nettoyer les vêtements. Dans cette mécanique simple d’abord, Bialetti voit le potentiel d’une révolution caféinée.
Cependant, l’idée n’est pas totalement inédite. Un Français, Louis-Bernard Rabaud, avait déjà imaginé en 1822 la cafetière lessiveuse – nommée la cuccumella napolitaine, ou la cafetière Napoléonienne – selon le principe de la percolation : l’eau bouillante traversait la mouture avant de remplir le réservoir. Mais Bialetti va perfectionner ce système et, surtout, le rendre accessible à tous les foyers.
Le café quitte les comptoirs
Avant la Moka Express, l’espresso se dégustait uniquement debout, « al banco », au comptoir d’un bar. À cette époque, les cafés étaient l’apanage des hommes, les femmes buvant principalement leur café à la maison. La Moka apporte une double révolution : elle permet aux Italiennes de préparer un espresso de qualité dans leur cuisine et offre à chacun le plaisir du café au saut du lit, dans l’intimité du foyer.
C’est dans son atelier de Crusinallo, en Lombardie, qu’Alfonso Bialetti dépose le brevet de sa Moka Express en 1933. La cafetière octogonale présente une forme à huit faces que la légende attribue aux jupes évasées de sa femme Ada. La Moka détrône rapidement la cuccumella napolitaine, cette cafetière réversible qu’il fallait retourner pour faire passer l’eau.
L’origine du mot Moka : d’un port yéménite aux dictionnaires italiens
Le nom même de la cafetière porte une histoire. Moka désignait à l’origine un port du Yémen qui embarquait les meilleurs cafés vers l’Europe. De nom de ville, Moka est devenu synonyme de café d’exception. Avec l’arrivée de la Moka Express en 1933, le mot se dédouble : la moka devient aussi une cafetière à pression, consacrée dans les dictionnaires italiens. Chez nous, curieusement, le Petit Robert l’admet, mais pas le Petit Larousse.
La mascotte immortelle des Moka : Omino coi baffi
Droit comme un i, gravé sur chaque Moka Express, il se tient fier dans son costume noir, nœud papillon et chapeau sur la tête, l’index levé comme pour commander « un caffè per favore ! ». L’Omino coi baffi, le petit bonhomme à moustache, apparaît dans les années 1950, dessiné par l’artiste Paul Campini. Il représente Renato Bialetti, le fils d’Alfonso, qui transforme l’entreprise familiale en empire industriel dans les années 1960.
Dans ses années le succès est total : plus d’un Italien sur deux possède une Moka dans sa cuisine. L’entreprise figure parmi les principaux fabricants italiens de cafetières. L’Omino coi baffi s’impose comme mascotte publicitaire au même titre que le Bibendum Michelin ou le Calimero des lessives italiennes Ava, formant le trio historique des icônes télévisuelles. La fusion entre l’homme et sa création atteint son paroxysme en 2016, lors du décès de Renato Bialetti. Dans un geste qui laisse le monde pantois, ses cendres sont déposées dans une urne en forme de gigantesque Moka Express.
La Moka Express : Une icône du design mondial
Aujourd’hui conservée au MoMA de New York et dans les plus prestigieux musées du design, la Moka Express a traversé près d’un siècle sans prendre une ride. Avec plus de 200 millions d’exemplaires vendus, elle incarne cette alliance rare entre forme parfaite et fonction essentielle. Face aux machines à capsules et dosettes, elle résiste, fidèle au poste, avec son gargouillis rassurant qui donne le « la » aux matins caféinés.
L’iconique est déclinée à présent sous différentes collections. A l’approche des fêtes, elle se part de dorures… La dernière collection Moka de Bialleti : Jouy Exotique, à partir de 62,90€
Le saviez-vous ? Quel mot choisir entre expresso et espresso ?
Pas de suspense : il n’y a pas de différence, et les deux mots sont corrects. Ils désignent tous les deux un petit café serré obtenu par percolation sous haute pression. Espresso est le terme historique italien, dérivé de «esprimere » qui signifie “extraire par pression”. C’est cette orthographe qui reste privilégiée par les puristes, les professionnels du café et donc les Italiens. Expresso, quant à lui, est une francisation du mot qui s’est imposée naturellement dans la langue française, influencée par le mot « express ». Cette variante évoque la rapidité de préparation et de dégustation de ce breuvage, servi en quelques secondes au comptoir. Comme son mot cousin, il est parfaitement accepté et figure dans les dictionnaires français. Alors, espresso ou expresso ? C’est selon votre humeur du moment : puriste ou mode express !
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