À en voir l’imposant bâtiment – signé par l’agence d’architecture bauloise Bureau Gimbert Comy -, difficile d’imaginer ce qui se trouvait ici avant sa construction. L’édifice qui accueille aujourd’hui Les Cimes Bleues semble avoir toujours été destiné à trouver sa place au cœur du quartier de La Baule-Escoublac, avec cette volonté affichée d’être « là pour accueillir la clientèle locale », mais aussi les visiteurs de passage, comme l’explique son directeur, Bastien Hervé. Les Cimes Bleues sont nées d’un constat : l’absence, à La Baule, d’un hôtel lifestyle pensé comme un véritable lieu de vie, où se retrouver toute l’année en famille, entre amis ou pour travailler. Et qui mieux que Dorothée Delaye pour donner corps à cette ambition ?
« L’équipe de La French Collection m’a laissé une totale carte blanche et c’est ce que je tiens particulièrement à saluer. Le concept est aujourd’hui très abouti parce qu’ils n’y ont jamais interféré. Sur un projet qui dure trois ans, il arrive souvent qu’entre les premières perspectives et la réalisation, les idées évoluent sous l’influence de nombreuses personnes. Eux sont restés fidèles à la vision initiale. Cette confiance nous a permis de faire des choix ambitieux, tout en conservant une véritable cohérence d’ensemble » affirme Dorothée Delaye.
Le sport comme langage décoratif
Vues de l’extérieur, les terrasses et balcons dessinant des vaguelettes, signature architecturale de l’hôtel quatre étoiles, annoncent sans détour l’univers qui se trame à l’intérieur. Une esthétique sport chic assumée qui se révèle dès le lobby, avec ses fauteuils aux motifs de balles de golf et de rayures bauloises signés Pierre Frey et Elitis mais aussi ses colonnes gainées de cuir, clin d’œil à l’esprit sellier et à l’atmosphère du célèbre Jumping International de La Baule. L’architecte d’intérieur Dorothée Delaye nous éclaire : « Il existe de très belles maisons françaises comme Hermès, Lacoste ou Lancel. Ce sont des marques familiales, avec un véritable savoir-faire, qui résonnent particulièrement avec les codes du sport à travers leurs couleurs et leurs lignes. Des codes qui font également écho au mouvement des vagues dessiné par l’architecture du bâtiment. »
Initialement pensé comme un atrium, l’entrée de l’édifice a immédiatement inspiré Dorothée Delaye. Tirant parti de cette « hauteur sous plafond magistrale », l’architecte d’intérieur imagine un desk à double usage : un comptoir d’accueil côté réception, un bar à cocktails à l’esprit Club House de l’autre. Que ce soit au plafond, avec ce lustre en forme de bouées d’amarrage XXL bleutées, sur les murs habillés d’affiches chinées ou encore à travers les appliques en céramique signées par l’architecte d’intérieur et designer François Bazin, autant de détails qui révèlent, sans surprise, l’attachement de Dorothée Delaye aux beaux objets et au travail des artisans. Une attention qui se prolonge jusque dans les chambres et suites des Cimes Bleues.
Sous le soleil de la Baule
Les cent une chambres et suites qui composent le joyau quatre étoiles s’articulent autour de trois thématiques chromatiques : le vert Wimbledon, le bleu Atlantique et l’orange terre battue. Une palette pensée pour permettre aux hôtes, selon Dorothée Delaye, de « pouvoir tester de nouvelles chambres » et de créer ainsi l’envie de revenir, en découvrant à chaque séjour un nouvel univers. Dans chacune d’elles, les références à l’esprit sport chic baulois se dévoilent encore une fois par touches : des meubles sur mesure en bois reprenant les courbes de la façade de l’hôtel, des tablettes de salon en écho aux greens de golf ou encore des poignées de dressing inspirées des courts de tennis. Le jeu se poursuit jusque dans les textiles, des têtes de lit aux lignes géométriques aux assises habillées de motifs pied-de-poule.
Une palette chromatique inspirée des différentes nuances du soleil, jusqu’à son apogée au spa Alaena, où une lumière enveloppe l’espace dans l’atmosphère d’un coucher de soleil. Ici encore, les pièces d’artisans et les matières nobles trouvent naturellement leur place, à l’image des assiettes en céramique de Maison Paradis ou des poignées soleil chinées qui font leur effet. Pour prolonger ce chapitre méditatif, la piscine, ouverte sur les jardins de l’hôtel, invite à lever les yeux vers une grande fresque où des vols d’oiseaux semblent planer au-dessus des dunes.
Une trattoria en hommage à Carlo Scarpa
Autre lieu, autre ambiance. Direction l’Italie avec La Scapa, le restaurant des Cimes Bleues, plongé dans un décor aux accents seventies, comme sorti d’un film italien. Des cartes postales chinées habillent les murs terracotta, illuminés par des suspensions en forme de lampions aux faux airs de luminaires d’Isamu Noguchi. Banquettes et chaises se parent de textiles aux motifs végétaux signés Dedar et Pierre Frey, une signature chère à Dorothée Delaye. À table, le même dialogue s’opère. La carte mêle inspirations italiennes et produits du littoral baulois, à l’image des langoustines et homards débarqués à La Turballe.
Pari réussi. Bien que quatre étoiles, Les Cimes Bleues réinventent l’esprit de la maison de vacances bauloise. Un lieu où l’on prend le temps de vivre, en famille, entre amis, que l’on soit de La Baule ou d’ailleurs.