Scènes de vie
Lumière tamisée, ambiance feutrée, bienvenue au Bus Palladium. Dès l’entrée, la moquette psychédélique, ponctuée d’un fauteuil Falcon de Sigurd Resell, compose un décor de cinéma des années 1960. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que Studio KO signe l’architecture intérieure du lieu. Cette atmosphère cinématographique se prolonge dans le restaurant, où un cube de verre renferme une forêt vierge miniature, dialoguant avec les banquettes rouges et le mobilier noir acier. En cuisine, le chef Valentin Raffali transpose cette douceur brutaliste dans l’assiette, laissant pleinement s’exprimer des produits issus de circuits courts, comme la barbue de la Poissonnerie Viot.
Le Bus Palladium est un lieu de repos autant que de fête. À la nuit tombée, le restaurant devient un espace d’écoute autour d’une bibliothèque de vinyles dont la moitié appartient à James Arch, fondateur du lieu. Le bar propose cocktails signatures, comme le Face B, et finger food à partager. Les plus téméraires prolongent l’expérience au club, où une programmation éclectique mêle concert live et cabaret, sous la direction de Lionel Bensemoun.
Des chambres en bandes-son
Le Bus Palladium a imaginé ses trente-cinq chambres et suites comme des espaces habités par la musique. Chaque pièce reflète l’univers de l’ancienne mannequin et ambassadrice Chanel, Caroline de Maigret, à travers des magazines vintage chinés, des parfums Diptyque aux notes boisées et quatre playlists pensées comme des bandes-son — In the Mood for Love, Boogie Nights, The French Connection et Round Midnight — diffusées via des enceintes Ojas. Une direction artistique qui se prolonge jusqu’aux tenues du personnel, signées par la maison Husbands.
L’atmosphère seventies se prolonge dans les chambres où les matériaux ont une place de choix : murs en liège, plafonds en béton brut, carreaux de céramique bleu Klein dans certaines salles de bain prolongées par une verrière ou encore poignées de porte inspirées des grilles de micros. Mais ce qui fait la singularité du lieu, ce sont les tables de chevet cubiques en verre accueillant des pièces de L’Œil de KO, chinées par Antoine Billore et proposées à la vente grâce à des QR code. Des objets choisis pour insuffler de la vie, plutôt que de transformer les chambres en espaces d’exposition.
L’esprit Dali
Depuis la terrasse, l’enseigne néon du Bus Palladium apparaît en contrechamp. La suite Dali incarne pleinement l’esprit du lieu. Le lit escamotable, dont la tête de lit est habillée d’une tapisserie aux motifs panthère – rappelant une célèbre anecdote liée à l’artiste espagnol -, laisse place à un espace de réception. Au centre, un canapé modulaire DS-600 de De Sede fait face à un bar rétro équipé d’enceintes Ojas et Klipsch, conçu pour prolonger la nuit.
L’hommage à Salvador Dalí s’inscrit dans cette mise en scène. Figure ayant contribué à nourrir le mythe du Bus Palladium, il y voyait une forme d’art kitsch qu’il ne retrouvait nulle part ailleurs. La suite prolonge cet imaginaire et en condense l’esprit fantasque. Le Bus Palladium est bel et bien de retour. Il ne reste plus qu’à embarquer.