Comme un bateau de pierre posé sur l’eau, devenu pendant un temps le repère de fêtes de grandes célébrités : Thomas Mann, Winston Churchill, Christian Dior …
Dans les années 1930, on accostait directement à l’hôtel. Les bateaux souvent venus de St Tropez, s’amarraient au pied de la falaise, et des échelles permettaient aux profiteurs de grimper jusqu’à leur chambre. On l’appelait alors à l’époque « Les Roches et ses bateaux ». Aujourd’hui il a conservé une partie de son histoire « Les Roches ». Durant les seventies, l’endroit était un lieu de fête prisé. Puis, comme souvent avec les légendes, vient le déclin : début 2000, l’hôtel chute, 2011 ses portes se ferment.
A la tête du groupe de transport GCA, et passionnée par l’hôtellerie, c’est Delphine André, déjà propriétaire des Barmes de l’Ours à Val d’Isère, qui rachète le lieu en 2010 et lui concocte une nouvelle vie. Elle l’exploite encore deux ans en l’état, avant de se lancer dans un chantier titanesque : dix ans de travaux, freinés tour à tour par la loi du littoral qui complique chaque mètre carré gagné sur la roche, puis par le Covid. Six mois par exemple auront été nécessaires aux seuls garde-corps des balcons, pensés pour préserver l’esprit bateau sans jamais céder à la vitre. Un travail d’obsession, mené avec l’architecte Jean-Baptiste Pietri, mais porté tout autant par une propriétaire qui s’est, dit-on, impliquée jusqu’au moindre détail.
Un bateau-hôtel, jusque dans ses fondations
Le bâtiment principal a conservé son corps d’origine, sa direction artistique d’époque.Presque tout a été démoli pour être reconstruit, toujours en pierre de Bormes, cette même roche du coin. Les voûtes, anciens garages à bateaux, ont été réinvesties comme un clin d’œil au passé maritime du lieu. L’esprit n’a rien perdu de son passif nautique : les chambres, où poignées de porte et mobilier fixe évoquent les cabines d’un paquebot par exemple. Pour cette renaissance, la maison a fait le choix de travailler avec des entreprises locales pour la refonte du lieu. Reconnaissance immédiate : Les Roches figurent parmi les 16 lauréats du Prix Versailles, qui distingue chaque année les plus beaux hôtels du monde.
Une saison, deux maisons
Ouvert en juillet 2025, l’établissement n’a connu sa vraie première saison que le 30 avril dernier, en 2026. Car Les Roches fonctionnent en miroir avec leur aîné montagnard, Les Barmes de l’Ours à Val d’Isère : une même équipe de 80 personnes, qui migre entre les deux adresses au rythme des saisons : l’hiver en Savoie, l’été sur la Côte d’Azur. Une organisation pensée pour que le client retrouve, d’un lieu à l’autre, les mêmes visages et pour que le personnel échappe à cette image d’un service hôtelier de luxe distant, presque inaccessible. Ici, on cultive plutôt la proximité.
Gastronomie et activités iodées
Côté tables, Les Roches jouent sur trois registres : une formule bistrot au déjeuner – décontractée, La Langouste, restaurant entièrement dédié au crustacé, pêché localement – maitrisée et le gastronomique, L’Oursin tenu par Antoine Gras et Benoît Gornard – expérimentale. À la cave, Magali Delalex, meilleure sommelière Michelin 2024. Pour déguster, boire, ou manger, la vue reste celle de l’infini horizon bleu.
Ici, la déconnection plein son plein. Souffler depuis sa terrasse et perdre son regard au loin quelque minutes ou fermer ses yeux, écouter les clapotis de la mer en se faisait masser. Le spa L’Oiseau Bleu qui borde la mer est l’ultime étape d’un séjour revivifiant. 400 m² suspendus entre ciel et mer, piscine intérieure à contre-courant, cabines de soin ouvertes sur les iles avoisinantes.
Jusqu’au logo, tout raconte une histoire : un rond qui figure l’empreinte d’un poulpe dans le sable, en miroir de la patte d’ours qui signe l’autre maison du groupe. Deux animaux, deux territoires, la même philosophie : vivre à son rythme.
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1 Av. des 3 Dauphins, 83980 Le Lavandou
Les Roches
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