À Aix-en-Provence, la Villa Gallici cultive le charme d’une autre époque

Roses colorées, tissus damassés et atmosphère de palais florentin… À Aix-en-Provence, la Villa Gallici nous plonge dans un décor digne de la série « La Chronique des Bridgerton », mais sous le soleil de Provence.

Par Iris Cazaubon – Photos : Villa Gallici

À quelques minutes du centre-ville d’Aix-en-Provence, un portail discret ouvre sur un monde en retrait où le temps semble suspendu. Élégante bastide du XVIIIe siècle, la Villa Gallici impose immédiatement sa tonalité singulière, entre influences italiennes et provençales.

Dès les premiers pas dans le jardin verdoyant qui entoure cet hôtel 5 étoiles, les sens s’aiguisent. Le jasmin embaume l’air, l’eau murmure dans les fontaines et les roses aux multiples couleurs habillent aussi bien les massifs que les tables des salons et terrasses.

La vie de château

L’univers de la Villa Gallici pourrait paraître théâtral, presque excessif dans son inspiration de palais italien. Mais une fois en son sein, cette impression est rapidement démentie : tout respire une forme d’authenticité ancienne.
Ici, le luxe ne rime ni avec distance ni avec protocole. Derrière l’élégance du décor composé de boiseries, tissus épais, objets d’art et pièces chinées, la chaleur du Sud s’impose partout. On la retrouve dans les sourires des équipes, leur accueil attentionné et cette sensation immédiate de pénétrer dans une maison plutôt que dans un hôtel.
Les 23 chambres et suites, toutes différentes, prolongent ce sentiment. Mobilier XVIIIe siècle, étoffes riches et palettes feutrées composent des ensembles harmonieux dans lesquels on oublie rapidement le quotidien pour se plonger dans une bulle à la douce fragrance de lavande.

Mémoire vivante

Pour raconter l’histoire de la Villa Gallici dans ses moindres détails, Michel Marey est l’interlocuteur idéal. Présent depuis l’ouverture, il en est la mémoire vivante. « Cela fait plus de 30 ans que je travaille ici, je fais partie des murs », glisse-t-il avec un sourire. Longtemps aux commandes des petits-déjeuners, Michel a ensuite pris en charge les relations publiques, parcourant le monde au gré des congrès et des rencontres. Aujourd’hui en âge de prendre sa retraite, il continue de venir travailler trois jours par semaine, par fidélité autant que par attachement. « Ce n’est pas un travail, c’est un plaisir ».

Michel Marey se souvient encore de l’émerveillement des premiers visiteurs à l’ouverture : « Tout le monde était en admiration devant cette belle maison. » Très vite, l’adresse s’impose comme un lieu d’exception, attirant une clientèle fidèle et internationale.

Amore, ti piace questa casa ?

Les perroquets de porcelaine qui peuplent encore l’entrée et les salons témoignent du goût du voyage de Monsieur et Madame Gallici, couple italien à l’origine du nom de la bastide. Après eux, en 1992, trois décorateurs aixois découvrent le lieu et choisissent de lui redonner vie. L’établissement devient d’abord une maison d’hôtes avant de s’imposer comme un hôtel.

Quelques années plus tard, en 2001, la propriété passe entre les mains des entrepreneurs italiens Nanda et Roberto Polito. Une acquisition restée dans les mémoires de la maison, résumée par Michel Marey : « Amore, ti piace questa casa ? Allora te la compro. » — « Mon amour, tu aimes cette maison ? Alors je te l’achète. » Entre Provence et Toscane, la Villa Gallici a ainsi construit, au fil des années, une identité double mais harmonieuse.

Voyage gustatif

Le dîner prolonge cette hybridation méditerranéenne. Les papilles s’éveillent avec une eau infusée à la badiane, à la lavande et au citron. S’ensuit une farandole de bouchées aux accents du Sud : gorgonzola et figue, compotée d’oignon et anchois, panisses, ou encore focaccia à tremper dans une huile d’olive infusée au fenouil des Baux-de-Provence.
La carte met ensuite le poisson à l’honneur. Chaque produit raconte une histoire, à l’image de ce loup livré toutes les semaines par un pêcheur local indépendant. Le repas se termine sur un dessert jouant la surprise grâce à un savant mariage chocolat–olives.

Luxe et lavande
L’ADN de la Villa Gallici tient dans un équilibre subtil entre raffinement et chaleur, opulence et simplicité. Chaque jour, des attentions rythment l’expérience des clients : tea time offert, roses fraîches en chambre, chaussons disposés au pied du lit, bougies allumées à la tombée de la soirée.

Bien ancrée dans son territoire, l’établissement chérit et cultive une âme résolument provençale. Elle s’exprime dans les matériaux autant que dans les détails : pierre de Rognes, pierre de Cassis, produits de soin issus de marques locales et signature olfactive à la lavande qui traverse l’ensemble des espaces. Si la clientèle est majoritairement internationale, le spa et le restaurant attirent aussi une fréquentation plus locale qui vient profiter, à la journée, d’une douceur de vivre que l’on peine à quitter.

www.villagallici.com